2010-01-18
Réponse du conseiller fédéral BurkhalterConfédération suisse - Le chef du Département de l’Intérieur
Monsieur Daniel Favre
Président de l′Association suisse des journalistes francophones
Rencontre des institutions et associations liées à la francophonie en Suisse
Monsieur,
J′ai pris connaissance avec intérêt de votre lettre du 30 octobre 2009, et je vous remercie pour les encouragements et les bons voeux que vous m′y adressez.
Si mes nombreuses obligations ne me permettent pas d′assister personnellement à une de vos prochaines Rencontres de Neuchâtel, la problématique que vous développez n′en retient pas moins toute mon attention.
La défense du français en Suisse, au même titre d′ailleurs que celle de nos autres langues minoritaires, est évidemment une cause à laquelle je suis sensible et à laquelle je resterai attentif. Je comprends que le recours évitable à des anglicismes au sein de l′Administration fédérale puisse irriter, et je souhaite avec vous qu′une prise de conscience de la valeur culturelle de nos langues nationales ait lieu pour remédier à cette tendance. Je ne partage cependant pas vos «lourdes inquiétudes» quant à l′avenir de notre culture, car ce serait à mon sens sous-estimer les forces vives du pays et la vigueur de leur engagement culturel.
Votre critique du Fonds national suisse, en particulier, me paraît infondée. En effet, le Fonds national suisse développe, à travers des activités très diverses, une dynamique positive pour notre pays et sa culture linguistique. Tout d′abord, il faut saluer l′excellent travail accompli dans le cadre du Programme national de recherche PNR 56 «Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse». Ses travaux posent les fondements théoriques et forment la relève scientifique qui permettront, demain, de poursuivre ce type de recherche de haut niveau en Suisse. Les résultats viennent actuellement à point nommé pour étayer les processus lancés dans le cadre de la nouvelle loi sur les langues.
De manière plus générale, on peut même considérer que l′ensemble des activités du Fonds national suisse contribue à la constitution d′une identité culturelle forte, dont la langue est une composante. Une grande partie des groupes de recherche sont composés de scientifiques provenant de différentes parties du monde. Il est évident qu′ils donnent la priorité à la qualité scientifique et technique de leurs travaux plutôt qu′à des considérations de politique linguistique. Toutefois, les collaborations intenses et les rencontres personnelles entre chercheurs issus de différentes régions linguistiques sont propices à la reconnaissance et au respect mutuels, qui sont des fondements identitaires de grande valeur.
En ce début d′année, je joins à ma lettre mes meilleurs voeux de succès dans vos activités pour la promotion du français.
Veuillez croire, Monsieur, à l′assurance de mes sentiments les meilleurs.
Didier Burkhalter Conseiller fédéral