Retour à la liste

:: Janvier 2013



«Stalking»
Terme utilisé par un présentateur de télévision qui crut bon d’ajouter : «Comme on dit aujourd’hui.»
Il faut bien «vivre avec son temps», bon sang !
To stalk : suivre partout, traquer, harceler. Stalking désigne donc une forme de harcèlement sexuel pathologique consistant à suivre partout sa victime.
Existe-t-il un terme (américain de préférence) exprimant une forme de harcèlement anglomaniaque ?


Sidération
D’un journal syndical romand : «C’est avec une certaine sidération qu’on a pu lire la déclaration suivante…»
Une déclaration qui doit laisser le lecteur tout aussi sidéré.
Sidération est un terme d’astrologie emprunté au latin sideratio
«action funeste des astres», influence subite attribuée à un astre sur la vie ou la santé d’une personne. Méd. : état d’anéantissement subit produit par certaines maladies. Agric. : système pratiqué dès
1840 ; fumure du sol par enfouissement de certaines récoltes en vert et particulièrement des légumineuses.
Rien à voir, par conséquent, avec l’acception (sidérante) qui fait de sidération un homonyme de surprise, étonnement, stupeur, stupéfaction, ahurissement, ébahissement, effarement, etc.


«Scrapbooking»
De l’anglais scrap «petites chutes (de papier), fragment, bribe» ; scrapbook : album (de coupures de journaux, etc.).
Le scrapbooking désigne une activité de loisir consistant à collectionner des photos dans un décor original. Le terme est apparu aux Etats-Unis au début du siècle et cette activité s’est propagée en Europe où elle a suscité rapidement un intérêt grandissant. Elle est devenue un vrai commerce avec la création d’en- treprises et la publication de plusieurs revues spécialisées.
On aura souci de préférer l’appellation québécoise créacollage
à l’américanisme «scrapbooking».


Persévération
«La tyrannie thérapeutique ou l’excès et la persévération dans les fins de vie sont de plus en plus jugés inappropriés par la majorité des médecins.»
Le nom féminin persévération n’est qu’un faux néologisme puisqu’il était mentionné déjà au XIIe siècle, dérivé du latin per- severatio, -onis «action de persévérer». Sorti de l’usage courant, le mot a été repris (1914) en psychologie en parlant du maintien d’une attitude physique, morale. Persistance d’un trouble entretenu consciemment ou non par un malade, alors qu’il n’est plus motivé par une cause physiologique ou mécanique.


Mutique
«Ce dernier reste mutique depuis son placement en garde à vue.»
L’adjectif mutique est récent (v. 1970) et très didactique. Adopté par les dictionnaires usuels, il n’a pas été retenu dans la récente édition du Dictionnaire de l’Académie (2011).
Employé en médecine : qui est affecté de mutisme pathologique, qui garde le silence, qui refuse de parler.
En dehors de cette acception médicale, les synonymes silencieux et muet conviennent tout aussi bien.


«Go fast»
«Un go fast intercepté par les gendarmes» titre un quotidien régional. Plaît-il ? C’est tout simple. Qui pourrait ignorer que le mot fast signifie «rapide» ?
To go fast : aller vite. Faire du go fast : circuler à grande vitesse, rouler à une vitesse excessive, à tombeau ouvert, à fond la caisse.
Cela va pourtant de soi… pour tout anglophone.